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Ouvrir un deuxième cabinet : quelles démarches pour un professionnel libéral ?
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Ouvrir un deuxième cabinet : quelles démarches pour un professionnel libéral ?

INPI, SIRET, Urssaf, impôts, RPPS, CPAM… La check-list pour ouvrir un deuxième cabinet libéral, conserver temporairement le premier puis le fermer.

Cabinet Partagé28 septembre 2026
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Vous allez exercer dans un deuxième cabinet tout en conservant le premier ? Vous quittez définitivement une adresse pour une autre ? Dans les deux cas, on parle volontiers de « changement d’adresse ». Administrativement, pourtant, ce ne sont pas les mêmes opérations.

Le point de départ est le guichet unique des formalités des entreprises, géré par l’INPI. Mais il ne suffit pas toujours à actualiser l’ensemble de votre situation. Selon votre profession, il faudra également vérifier les informations détenues par l’administration fiscale, le RPPS, l’Assurance Maladie, votre assureur et vos différents prestataires.

Voici comment s’y retrouver sans déclarer par erreur la fermeture d’un cabinet encore utilisé.

La réponse courte
Si vous continuez à recevoir dans votre premier cabinet, même temporairement, vous ne déclarez pas encore son transfert ou sa fermeture. Vous déclarez l’ouverture d’un nouvel établissement. Lorsque vous cesserez réellement d’exercer à la première adresse, vous déclarerez la fermeture de cet établissement et, si nécessaire, le nouveau cabinet deviendra votre établissement principal.

Un déménagement, deux cabinets ou un simple changement de domiciliation ?

Avant de commencer la formalité, il faut distinguer trois situations.

1. Vous quittez le premier cabinet au moment où vous ouvrez le nouveau

Il s’agit d’un transfert d’établissement : l’activité passe d’une adresse à l’autre sans période durable de chevauchement.

2. Vous exercez simultanément dans les deux cabinets

Il s’agit de l’ouverture d’un établissement supplémentaire. Votre entreprise conserve son numéro SIREN, mais chaque lieu d’exercice identifié comme établissement possède son propre numéro SIRET.

Le nouvel établissement sera généralement qualifié de secondaire ou complémentaire. La qualification exacte enregistrée dépendra de la configuration de votre entreprise et de la désignation de l’établissement principal.

3. Vous changez seulement l’adresse administrative de l’entreprise

L’adresse de domiciliation de l’entreprise et l’adresse où vous recevez vos patients ou clients peuvent être différentes. Modifier l’une ne modifie donc pas nécessairement l’autre.

Par exemple, si votre entreprise est domiciliée chez vous et que vous ajoutez un cabinet, il ne faut pas remplacer automatiquement l’adresse de domiciliation par celle du cabinet. À l’inverse, si votre établissement principal et votre adresse administrative étaient jusqu’ici confondus, le départ du local peut nécessiter de traiter les deux informations.

Première étape : déclarer le nouveau cabinet sur le guichet unique

Depuis 2023, les créations, modifications et cessations concernant les entreprises doivent être déposées en ligne sur le guichet des formalités des entreprises. Ce portail est obligatoire pour les entreprises individuelles comme pour les sociétés et transmet la formalité aux organismes compétents.

Pour une entreprise individuelle, l’INPI classe expressément parmi les modifications possibles :

  • le transfert d’un établissement ;
  • l’ouverture ou la fermeture d’un établissement secondaire ;
  • la modification d’une activité, d’un nom commercial ou d’une enseigne.

Dans votre tableau de bord, choisissez donc une formalité de modification, puis renseignez l’ouverture du nouveau lieu d’exercice et sa date de début d’activité. Préparez un justificatif permettant d’occuper le local : bail, contrat de sous-location ou de mise à disposition, attestation accompagnée des pièces demandées selon votre situation.

La formalité peut être signée au moyen de FranceConnect+ ou d’une signature électronique répondant aux exigences indiquées par l’INPI. Après le dépôt, conservez le récépissé et suivez les éventuelles demandes de régularisation depuis le tableau de bord.

Sources : Service Public – formalités de création, modification et cessation ; INPI – modifier son entreprise individuelle ; INPI – étapes d’une modification.

Faut-il également prévenir l’Urssaf ?

En principe, vous ne devez pas recommencer auprès de l’Urssaf la formalité d’ouverture, de transfert ou de fermeture déposée sur le guichet unique : celui-ci a précisément pour fonction de transmettre les informations aux administrations et organismes concernés, notamment aux services sociaux et fiscaux.

Cela ne signifie pas qu’il faut oublier l’Urssaf. Une fois la formalité traitée, vérifiez dans votre espace en ligne que votre adresse de correspondance et les données de votre activité ont bien été actualisées. Utilisez ensuite la messagerie sécurisée si une information n’a pas été répercutée ou si l’Urssaf vous demande une démarche complémentaire.

Certaines modifications restent, elles, à signaler directement à l’organisme concerné. L’INPI cite notamment les options sociales auprès de l’Urssaf et les options fiscales auprès de la DGFiP. Autrement dit, le guichet unique centralise la modification juridique de l’entreprise, mais pas toutes les demandes particulières adressées aux administrations.

Impôts et CFE : le point souvent oublié

L’ouverture d’un lieu d’exercice peut avoir une conséquence sur la cotisation foncière des entreprises (CFE). Cette imposition est établie localement et peut concerner plusieurs établissements.

Le formulaire 1447-C-SD sert à déclarer les éléments d’imposition d’un établissement nouvellement créé ou acquis. Il est à transmettre au service des impôts des entreprises compétent avant le 1er janvier suivant l’année de création de l’établissement. Le formulaire 1447-M-SD est utilisé dans certaines situations de modification d’éléments précédemment déclarés, par exemple une évolution de la surface des locaux ou une demande d’exonération.

En pratique :

  • informez votre comptable de la date exacte d’ouverture du second cabinet ;
  • vérifiez dans votre espace professionnel impots.gouv.fr quel service des impôts des entreprises suit chaque établissement ;
  • ne supposez pas que la transmission par le guichet unique dispense automatiquement de toute déclaration CFE ;
  • lorsque vous fermerez l’ancien cabinet, contrôlez que sa cessation est bien prise en compte afin d’éviter une imposition prolongée à tort.

Le montant n’est pas nécessairement doublé mécaniquement : il dépend notamment de la commune, de la valeur locative des locaux, de leur utilisation et des règles de cotisation minimale. En présence de plusieurs lieux d’exercice, mieux vaut demander confirmation au SIE depuis la messagerie sécurisée.

Source : impots.gouv.fr – déclaration initiale de CFE 1447-C-SD.

Professionnels enregistrés : mettre à jour le RPPS

Le changement effectué sur le guichet unique ne remplace pas la mise à jour du répertoire professionnel.

Pour les psychologues, l’ancien réflexe consistant à contacter le fichier ADELI doit être actualisé : les psychologues sont désormais identifiés dans le RPPS. Une nouvelle adresse ou un second lieu d’exercice doit être déclaré dans le portail correspondant à votre situation afin que vos données professionnelles restent cohérentes.

Il faut ici distinguer deux outils aux noms très proches :

  • le portail eRPPS, utilisé par les professionnels pour leurs démarches personnelles d’enregistrement et de mise à jour auprès de leur autorité d’enregistrement ;
  • le portail RPPS+, principalement utilisé par des structures ou gestionnaires habilités pour enregistrer ou actualiser la situation de professionnels exerçant dans leur structure.

Pour un professionnel libéral qui modifie son propre lieu d’exercice, le bon parcours est normalement celui du portail eRPPS. En cas de doute, l’ARS dont dépend le lieu d’exercice reste l’autorité à contacter. Après validation, contrôlez votre fiche dans l’Annuaire Santé : une adresse obsolète peut avoir des conséquences pratiques sur l’e-CPS, la messagerie sécurisée de santé ou certains dispositifs de prise en charge.

Sources : PAPS Île-de-France – le RPPS ; Agence du Numérique en Santé – portail RPPS+.

Faut-il prévenir la CPAM ? Pas dans tous les cas

Un professionnel exerçant exclusivement hors convention et facturant directement ses patients n’a pas les mêmes démarches auprès de l’Assurance Maladie qu’un professionnel de santé conventionné. Dans ce cas, contactez la caisse de rattachement et vérifiez que la nouvelle adresse est enregistrée dans ses propres outils.

Puis-je garder le premier cabinet pendant quelques mois ?

Oui. C’est précisément la situation dans laquelle il est utile de déclarer deux établissements successivement plutôt que de présenter l’opération comme un transfert immédiat.

Pendant la période de chevauchement :

  • l’entreprise conserve un seul SIREN ;
  • les deux établissements peuvent avoir chacun leur SIRET ;
  • les rendez-vous, factures et informations communiquées aux patients doivent permettre d’identifier sans ambiguïté le lieu concerné ;
  • les deux adresses doivent être couvertes par vos assurances ;
  • le bail, la sous-location ou la mise à disposition de chaque local doit rester valable.

Le fait de n’occuper un cabinet qu’un ou deux jours par semaine ne suffit pas à conclure qu’aucune déclaration n’est nécessaire. Ce qui compte est la réalité de l’exercice à cette adresse et la manière dont le lieu est mis à disposition. En cas d’usage très ponctuel, de remplacement ou de consultation dans les locaux d’un tiers, la qualification peut demander une analyse au cas par cas.

Si le nouveau local est partagé avec un confrère, le cadre du partage compte autant que la formalité : voir quel type de bail proposer et, en cas de sous-location, les points à vérifier avant de sous-louer.

Quand vous quittez enfin l’ancien cabinet

À la date réelle de fin d’activité dans le premier lieu, déposez une nouvelle formalité de modification sur le guichet unique pour déclarer la fermeture de l’établissement concerné. Ne déclarez pas une cessation totale de l’entreprise si votre activité continue ailleurs.

Vérifiez ensuite :

  1. que le nouvel extrait du Registre national des entreprises mentionne correctement les établissements actifs ;
  2. que l’ancien SIRET apparaît comme fermé et que le nouveau est actif dans l’Annuaire des entreprises ;
  3. que l’adresse d’exercice a été retirée ou modifiée dans le RPPS et, le cas échéant, auprès de la CPAM ;
  4. que le SIE a bien enregistré la fermeture pour la CFE ;
  5. que vos assurances et contrats attachés à l’ancien local ont été résiliés à la bonne date.

Si l’ancien cabinet était l’établissement principal, il faudra également veiller à ce que le cabinet conservé soit correctement désigné comme nouvel établissement principal. Ce point doit apparaître clairement dans la formalité : fermer l’ancien établissement sans organiser la suite peut laisser des informations incohérentes dans les différents fichiers.

La check-list complète du changement de cabinet

Avant l’ouverture

  • Vérifier le droit d’exercer dans le local : bail, accord écrit du propriétaire si nécessaire, règlement de copropriété, règles d’urbanisme et d’ERP.
  • Vérifier l’accessibilité, la confidentialité acoustique et les conditions d’accueil du public.
  • Informer l’assureur en responsabilité civile professionnelle et l’assureur du local.
  • Définir si le nouveau lieu remplace immédiatement l’ancien ou s’y ajoute temporairement.
  • Rassembler le justificatif d’occupation et arrêter une date précise de début d’activité.

À l’ouverture

  • Déposer la modification sur le guichet unique.
  • Attendre l’attribution ou l’activation du SIRET du nouvel établissement.
  • Effectuer la démarche CFE nécessaire et interroger le SIE en cas de doute.
  • Mettre à jour le RPPS ou le répertoire propre à votre profession.
  • Informer la CPAM si votre activité relève d’un conventionnement ou d’un dispositif géré par l’Assurance Maladie.
  • Vérifier la bonne répercussion des informations auprès de l’Urssaf.

Côté pratique et visibilité

  • Mettre à jour le site internet, la fiche Google, les annuaires et la plateforme de prise de rendez-vous.
  • Faire apparaître la bonne adresse dans les confirmations de rendez-vous.
  • Adapter les factures, devis, feuilles de soins ou notes d’honoraires lorsque l’adresse qui y figure change.
  • Informer la banque, le logiciel de facturation, le terminal de paiement et le prestataire de télétransmission si nécessaire.
  • Organiser le transfert sécurisé des dossiers, archives et données de santé.
  • Prévenir les patients sans révéler leur identité dans un envoi collectif : utiliser la copie cachée ou un outil conforme à vos obligations de confidentialité.
  • Mettre en place, si utile, une réexpédition temporaire du courrier.

Au départ de l’ancien cabinet

  • Déclarer la fermeture de l’ancien établissement sur le guichet unique.
  • Actualiser le RPPS et la CPAM le cas échéant.
  • Vérifier la situation auprès du SIE pour la CFE.
  • Résilier le bail, l’assurance, l’énergie, internet, l’alarme et les autres contrats attachés au local.
  • Retirer l’ancienne adresse des annuaires et supports de communication.
  • Conserver les justificatifs de dépôt et les confirmations de mise à jour.

Les erreurs les plus fréquentes

Déclarer un transfert alors que les deux cabinets restent ouverts

Le premier lieu disparaît alors trop tôt des registres, alors qu’il accueille encore des patients. Il est plus fidèle à la réalité de déclarer d’abord l’ouverture du second établissement.

Croire que l’INPI met absolument tout à jour

Le guichet unique transmet la formalité d’entreprise, mais il ne remplace pas nécessairement la mise à jour du RPPS, du dossier CPAM, des assurances, des annuaires ou des contrats privés.

Confondre SIREN et SIRET

Le SIREN identifie l’entreprise et ne change pas lors de l’ouverture d’un second cabinet. Le SIRET identifie un établissement précis : un nouveau lieu entraîne donc généralement un nouveau SIRET.

Fermer l’entreprise au lieu de fermer un établissement

Si l’activité se poursuit dans le nouveau cabinet, il s’agit d’une modification de l’entreprise et de la fermeture d’un lieu, non d’une cessation totale de l’activité libérale.

Oublier la CFE

La formalité d’entreprise et la déclaration fiscale ne doivent pas être confondues. Un échange écrit avec le SIE permet de sécuriser la situation, en particulier lorsque les cabinets se trouvent dans deux communes différentes.

En résumé

Pour ouvrir un second cabinet avant de quitter le premier, la démarche se déroule généralement en deux temps :

  1. déclarer sur le guichet unique l’ouverture d’un établissement supplémentaire ;
  2. déclarer plus tard la fermeture de l’ancien établissement, sans fermer l’entreprise elle-même.

L’Urssaf et l’administration fiscale reçoivent les données issues de la formalité, mais cela ne dispense pas de vérifier leur bonne prise en compte ni d’accomplir les déclarations spécifiques, notamment pour la CFE. Les professionnels enregistrés dans un répertoire métier doivent également mettre à jour leur lieu d’exercice dans le RPPS ou auprès de leur autorité compétente. Enfin, la CPAM n’est à prévenir que lorsque votre situation professionnelle ou votre dispositif de prise en charge le justifie.

Ce parcours paraît morcelé parce qu’une même adresse remplit plusieurs fonctions : elle identifie une entreprise, un établissement fiscal, un lieu d’exercice professionnel et parfois un lieu de conventionnement. Une fois ces niveaux distingués, les démarches deviennent beaucoup plus lisibles.

À retenir
INPI, Urssaf, impôts, RPPS et CPAM ne sont pas cinq formalités identiques à refaire. Le guichet unique porte la modification de l’entreprise ; les autres démarches servent à vérifier ou mettre à jour des fichiers ayant chacun une fonction différente.

Pour aller plus loin


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Article d'information générale, vérifié le 16 septembre 2026. Les formalités varient selon la profession, la forme juridique, la situation fiscale, le conventionnement et les caractéristiques du local. Pour une situation particulière, consulter l'administration compétente ou un professionnel du droit ou du chiffre.